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Les mendiants, chocolats de Noël et de fin d’Année

L’origine des mendiants en chocolat

Les chocolats de Noël et de Fin d’Année ne manquent pas de formes et de présentations différentes parfois même originales. Il en existent cependant qui sont parfaitement adaptés à ce moment de l’année, de par leur origine puisant dans l’histoire religieuse de la Fête de Noël. Aujourd’hui leur existence perdure au milieu des Fêtes de Fin d’Année qui pour certains n’ont pas ou plus de relation avec la religion. Il s’agit des mendiants en chocolat et en particulier des mendiants au chocolat noir.

Ces chocolats sobres et rustiques mais tellement gourmands, dont le nom ne saurait vraiment attirer notre convoitise sont nés de la tradition provençale à l’époque moyenâgeuse. Leur histoire est intéressante. Bien connaître l’origine de cette friandise augmente le plaisir de sa dégustation tout en alimentant la convivialité autour de la table de Fin d’Année.

Les mendiants en chocolat sont issus de la tradition du « gros souper » ou « gros soupa provençal, servi encore parfois mais rarement de nos jours le 24 décembre avant la messe de minuit.
Ce « gros souper » s’inscrit dans la tradition des rites de Fin d’Année en Provence. Le « gros souper », est le repas le plus important de l’année en Provence. Il suit des règles symboliques qui puisent dans la religion catholique. La plupart du temps aujourd’hui, le réveillon moderne a eu raison de cette tradition. La tradition du « gros souper » existe encore ça et là et les mendiants au chocolat noir en sont issus et y ont survécus. De quoi s’agit-il ?
Le gros souper se déroule après la cérémonie du Cacho-Fio et avant la messe de minuit. Le Cacho Fio rappelle étrangement la bûche de Noël. Le membre le plus âgé de la famille (lou papé) et le plus jeune (lou caganis) posent dans la cheminée une bûche de bois fruitier (olivier, amandier ou autre), ils arrosent 3 fois la bûche avec du vin nouveau ou du vin cuit et allument le feu. Ils prononcent une phrase d’espérance et de joie pour l’année à venir, tout le monde chante sa joie.
Vient ensuite le « gros Soupa ». Sur la table sont disposées 3 nappes blanches, les unes sur les autres, symbolisant la Sainte Trinité des chrétiens, un chandelier à 3 branches avec 3 bougies symbolise le passé des anciens disparus, le présent de notre famille et de nos amis et l’avenir de nos enfants qui vont naître. Un couvert supplémentaire est dressé au cas où un pauvre viendrait passer la veillée de Noël. La nourriture est composée de 7 plats maigres (exemples : légumes, anchoïade, poissons….) et de 13 desserts symbolisant le Christ et les 12 apôtres. Toute la nourriture est disposée sur la table dès le début du repas de sorte que jamais il n’est besoin de se lever pour servir. À la fin du repas on ne débarrasse pas la table. on relève les 4 coins de la nappe et on laisse les miettes pour satisfaire les anges ou les âmes défuntes qui auraient la bonne idée de passer. Chaque convive doit manger de chacun des desserts pour assurer sa prospérité dans l’année qui vient.

Mais dans tout çà où se trouvent les mendiants au chocolat ?

Ils sont dans les 13 desserts, ce sont même les incontournables, au milieu des nougats (blanc et noir), des « gibassiés » (pompes à l’huile ou pogne, à rompre), des dattes et fruits confits, des clémentines, du vin cuit d’Aix, ……

Ces 4 mendiants sont en fait des fruits secs : amandes ou noix, noisette, figue sèche, raisin sec. Chacun de par sa couleur rappelle un ordre religieux mendiant, c’est-à-dire ne vivant que de la charité des autres. La tradition va même jusqu’à les définir :

  • Les Franciscains, appelés les Frères gris, avec leur tunique à capuche brune sont représentés par le raisin sec ;
  • Les Carmélites appelés les Frères marrons, avec leur robe marron sont représentés par les amandes, ou les noisettes ;
  • Les Dominicains appelés les Frères blancs, tout en blanc sont représentés par les amandes émondées (sans leur peau) ;
  • Les Augustins appelés les Frères de Saint-Augustin, habillés de pourpre sont représentés par la figue sèche ;

Le moyen âge est aujourd’hui bien loin, et les traditions ont évolué avec la culture. Aujourd’hui la tradition des 13 desserts perdure et chaque village ou famille possède sa propre liste des 13 desserts, avec cependant dans toutes les listes ………… les 4 mendiants. Dès l’arrivée du chocolat, la tradition des mendiants fruits secs de Provence a évoluée vers une variante où le chocolat sert de support aux fruits secs. Les mendiants « modernes » étaient nés ! Mais le nom a bien pour origine la tradition provençale et les mendiants sont une friandise éminemment spirituelle et symbolique.

Les mendiants RICHART

Chez RICHART on confectionne des mendiants au chocolat depuis 3 générations.
La tradition de la Maison qui consiste à ne proposer que des spécialités hautement aromatiques trouve évidemment sa place dans la collection de mendiants. Ainsi, le chocolat utilisé est un chocolat de fèves fines aromatiques en provenance du Vénézuela avec des notes de noisette, d’amande, de banane et de torréfaction. Quant aux fruits secs, ils sont issus des meilleures origines géographiques et botaniques. Les amandes viennent de Provence ou d’Andalousie, les noisettes sont du Piémont ou de la région de Rome, les pistaches viennent de Sicile, les noix de la région de Grenoble ou du Périgord et les raisins secs sont des Sultanines, sans pépin, mou et mielleux, bruns lorsqu’ils sont secs, ou des raisins de Corinthe, un peu violacés mais pas nécessairement très foncés.
De quoi éveiller les papilles des plus exigeants tout en les plongeant dans une atmosphère de Fête de Fin d’année où règne la bonne ambiance familiale et amicale, le partage et la convivialité sur fonds de symbole de charité puisque c’est là que les mendiants au chocolat puisent leur fondement.